Deux semaines avant mon terme, je me réveille à 4h du matin avec des douleurs spasmodiques dans le bas ventre. Je me lève sans bruit, je n'ai plus aucune envie de dormir, et je fais des mouvements sur mon ballon en attendant de voir comment les choses évoluent.
Je reste dans la pénombre, avec ma playlist de musiques douces, tranquille pour encourager la montée de l'ocytocine. Contrairement à mon premier accouchement, je ne ressens pas le besoin de prendre un bain chaud.
Quelques minutes plus tard, il n’y a plus de doute. Les contractions se rapprochent et s’intensifient.
Quand ma mère arrive pour s'occuper de la grande à son réveil, je gère les contractions sur mon ballon, assise ou à 4 pattes. Direction la maternité après un petit vomito (mon estomac n'a pas kiffé la banane que j'ai mangée) : les contractions sont déjà très intenses et c'est mon deuxième bébé, il ne faut pas trop tarder.
Le trajet en voiture est une épreuve mais je parviens à rester dans ma bulle en restant les yeux fermés et en respirant. Pendant 30 minutes, j'alterne grâce à ma préparation en sophrologie entre : me projeter dans mon lieu ressource avec mon bébé en dehors des contractions, et me concentrer pleinement la douleur en serrant mon peigne lors des contractions. J'accueille cette intensité, je la regarde dans les yeux, pour ne pas me crisper et l'accentuer…
J'arrive à 6h30 à la maternité et on me pose un monito sans fil en salle de naissance pour que je puisse continuer mes mouvements sur le ballon. Le haut de mon corps est relâché sur le lit de façon à bien étirer mon dos et faire de la place à mon ventre.
C’est ce relâchement du buste et des bras qui m’avait manqué pour mon premier accouchement.
Là, je peux complètement me plonger dans l’accueil de chaque vague.
Mon chéri m’appuie sur les hanches ou des points spécifiques du bas du dos lors des contractions pour me soulager. Le peigne m'est aussi d'une grande aide pour rediriger une partie de la douleur. Entre les contractions, je récupère, je chante, j'ondule sur le ballon, mon amoureux me brumise, m’hydrate, m'enveloppe d'amour.
J'accepte qu'on vienne vérifier la progression du col mais je ne suis bien qu'à 4 pattes, ce qui rend l'examen compliqué. On laisse tomber. De toute façon, je me fiche de savoir où j'en suis - je préfère rester dans ma bulle et à l'écoute de mon corps. J'apprécie qu'on ne s'acharne pas et aucune sage-femme n'est plus venue nous déranger.
Vers 7h45, je rejoins la salle nature et son bain bien chaud. Mon chéri aménage rapidement l'espace : musique, lumière. L'eau chaude, c’est l’extase. A 4 pattes dans la grande baignoire, le pommeau sur mes reins, je respire lentement, je vocalise des sons graves ou fais des "OM".
Les contractions sont très intenses et j’ai à nouveau ce besoin de relâcher et d'étirer le haut de mon corps. On me propose un ballon cacahuète en flottaison et là, c'est le kiff. Le bain chaud marche hyper bien sur moi pour diminuer l’intensité des contractions et relaxer tout mon corps.
C’est un moment incroyable.
Je suis dans un état second, pleinement dans ma bulle, et je laisse mon corps faire.
Je ressens rapidement une furieuse envie de pousser. Je cris et j'entends “CRAC”. Je sais que j’ai rompu la poche des eaux comme la première fois. Et je sais que c’est pour maintenant. Tout s'accélère. Je voulais accoucher sans pousser mais mon corps en a décidé autrement : l'envie de pousser est impossible à contenir.
En quelques poussées, la tête de mon bébé sort. Je suis un peu surprise de la rapidité et je crie “La tête est sortie, la tête est sortie !” (comme si personne ne l’avait remarquée uhuh). Je me redresse à genoux et mets la main sur cette tête pleine de cheveux mouillés. La sensation est dingue et je suis super fière de moi.
Puis la sage-femme me dit quelque chose mais je ne l’entends pas. Mon chéri me répète doucement que je dois encore faire sortir le reste à la prochaine contraction.
Et c'est là, curieusement, que j’ai ma phase de désespérance. C’est hors de question que je remette ça ! C'est fini là.
Tout le monde m'encourage, j'ai fait le plus dur, c'est bientôt terminé. Je sens clairement mon corps rassembler ses forces dans un shoot d'adrénaline à l'arrivée de la contraction. Je pousse à genoux, puis me remets instinctivement à 4 pattes en rugissant comme une lionne. Et mon bébé sort entièrement…
8H52 :
La sage-femme récupère mon fils avant qu’il ne fasse plouf dans l’eau.
Ca y est, c'est fini. J’ai mon bébé contre moi.
Je ressens un soulagement intense.
Plus aucune douleur.
Mon placenta sort tranquillement et on suture mes petites déchirures.
Mon corps est shooté aux hormones et je profite du contact de ce petit être chaud qui cri contre ma poitrine.
Mon cœur explose une deuxième fois.
Bienvenue, mon chéri.
Mon amour.
J’avais hâte de te rencontrer, toi aussi.

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